Chris Johnson

Lorsqu’il intègre l’industrie gazière et pétrolière de l’Alberta en tant qu’opérateur de grue, Chris ne fait alors pas grand cas de ses sautes d’humeur, et l’atmosphère « dur à cuir » qui y règne ne permet pas non plus l’introspection. À vrai dire, il avait bien senti que la mentalité générale du milieu n’encourageait pas la communication ni la prise en charge de la santé mentale des travailleurs de ce secteur reconnu pour être exigeant.

À 22 ans, Chris vit une séparation qui le plonge dans une profonde tristesse qui nuit beaucoup à son travail; il peut passer des journées à pleurer dans la cabine de sa grue. La situation ne peut plus durer et c’est pourquoi il se rend lui-même à l’hôpital. Sa capacité à extérioriser clairement ses émotions lui est bénéfique, car les étapes qui le mènent à son diagnostic se succèdent rapidement. Christopher est atteint de troubles bipolaires et on lui offre l’aide dont il a besoin. Le programme d’aide auquel il participe ensuite lui permet de comprendre certaines phases de son passé. Malgré ces progrès, il trouve que ses problèmes de santé mentale sont particulièrement incompatibles avec son milieu de travail. Par peur d’être jugé, il n’en parle donc pas, à l’exception de son entourage immédiat.

C’est un ami journaliste qui lui offre l’occasion de faire le grand saut et de s’ouvrir publiquement en parlant de la maladie mentale et de la stigmatisation dans son industrie. Chris se livre ainsi généreusement sur son passé. Les effets sont immédiats. Il se sent libéré du fardeau de son secret et se rend compte qu’il n’est pas le seul à être confronté à de tels enjeux. Il est aussi reconnaissant de faire partie d’une conversation qui s’amorce sur la santé mentale dans le grand secteur des corps de métier. Le dialogue doit toutefois se poursuivre, car il reste beaucoup de travail à faire.

Maintenant dans la mi-trentaine, Chris se sert de l’influence des médias sociaux pour diriger CJ Beats Bipolar, sa propre démarche de sensibilisation, qui encourage les hommes à parler de leur santé mentale. Que ce soit devant le public lors d’événements médiatiques, par sa participation à divers projets musicaux et son travail auprès de différents organismes communautaires, ou encore par ses discours à ses pairs d’industries traditionnellement réservées aux hommes, il aspire à être un ambassadeur de la santé mentale. Il prône inlassablement l’importance de se libérer de ses préoccupations par des conversations avec une personne de confiance, et de la réalisation que vous n’êtes pas seul aux prises avec vos problèmes.

Pour les plus récentes actualités, suivez Chris sur les réseaux sociaux : @cjbeatsbipolar.