Emma O’Hare

À l’âge de huit ans, Emma présente des symptômes de dépression. Vigilants, ses parents entreprennent les démarches nécessaires pour l’aider. Les années passent et Emma se sent de plus en plus différente des autres. Elle ne partage pas leur intérêt face aux sports, à l’école ou au plaisir d’être entre amis. Bien qu’elle prenne part à une thérapie, les résultats ne sont pas très probants et Emma n’a pas l’impression d’aller mieux. Ses parents déploient des efforts concertés pour encourager des discussions ouvertes portant sur la santé mentale à la maison et ils sont proactifs lorsqu’il s’agit de la santé de leurs quatre filles. À douze ans, Emma rédige finalement une longue lettre à ses parents, une sorte de cri du cœur. Avec une très grande franchise, elle parle de ses sentiments profonds, décrit son manque d’espoir et partage son incapacité à voir au-delà de sa maladie. Ses parents lui disent qu’elle ne devrait ressentir aucune honte face à ses propres enjeux. Faire preuve de tant d’honnêteté, envers ses parents, mais aussi envers elle-même, constitue le premier grand pas d’Emma vers le recouvrement de sa santé mentale. Lors de son entrée à l’école secondaire, elle a choisi de parler graduellement de son histoire. Emma apprend qu’il y a de nombreuses personnes, quel que soit leur milieu, qui ressentent des sentiments similaires de dépression et de désespoir.

Emma est consciente de sa situation et est heureuse d’avoir un système de soutien solide. Elle fait la promotion de ressources en santé mentale plus accessibles. En parlant ouvertement de sa dépression, Emma souhaite ouvrir l’esprit de ses camarades aux enjeux de la santé mentale. À plus long terme, elle espère aussi aider des jeunes à trouver le courage de parler, pour qu’ils ne souffrent plus en silence.

Aujourd’hui, Emma est une étudiante en pleine santé de 22 ans de l’Université Queen’s à Kingston, en Ontario, et elle obtiendra son baccalauréat avec une spécialisation en santé au printemps 2021. Elle porte maintenant son regard vers l’avenir.

Au fil des années, Emma a continué de prendre des médicaments pour traiter sa dépression et à suivre une thérapie sur une base régulière. Elle admet que son parcours n’a pas été sans embûches, et qu’elle a dû surmonter plusieurs épreuves. Toutefois, elle n’oublie pas toutes ses réussites et ses moments de grande joie. Emma déclare avec fierté que son vécu en matière de santé mentale fait partie intégrante de la personne qu’elle est devenue, et qu’elle s’en voudrait de ne pas souligner le rôle que l’amour, le soutien et les encouragements de ses amis et des membres de sa famille ont joué dans son cheminement vers une bonne santé. Au cours des années, des personnes de tous âges sont entrées en contact avec Emma pour parler de leur maladie mentale et quérir des conseils. Emma rappelle l’importance de toujours garder espoir. Il faut célébrer les petites victoires, même s’il s’agit simplement de trouver suffisamment de force pour se brosser les cheveux ce jour-là. Ce sont ces « petites victoires » qui ont permis à Emma de passer à travers les jours les plus sombres.