Manon Charbonneau

Manon est médecin psychiatre. Si elle parle publiquement de ses enjeux de santé mentale, c’est parce qu’on lui a trop longtemps dit de ne pas le faire! « Cela pourrait nuire à ton avenir », lui avait-on précisé lorsqu’elle est revenue terminer sa résidence en psychiatrie, après avoir traversé un épisode majeur de dépression. Manon se conforme à ces conseils et entame sa carrière dans le domaine public, sans jamais souffler mot à ses confrères de la souffrance psychologique qu’elle a elle-même connue. Un secret qu’elle a tenu durant près de vingt ans.

La vie qu’entreprend Manon est active et valorisante. Dans les années 2000, tout en travaillant à l’hôpital, elle assure la présidence de l’Association des psychiatres du Canada (APC). Ses diverses fonctions l’amènent à être témoin de l’énorme stress, voire de la détresse de certains collègues du milieu de la santé. En accompagnant ses patients, elle sait aussi que personne n’est à l’abri de la maladie mentale. Les troubles mentaux ne font aucune discrimination face à la profession, la couleur de la peau, l’âge ou le statut social. Malgré cela, ce sujet demeure pratiquement interdit et les personnes atteintes de maladies mentales continuent de souffrir en silence. Manon décide de se servir de son expérience personnelle et professionnelle pour faire œuvre utile. À la fin de son mandat de présidente, elle livre un discours-choc durant lequel elle témoigne de son épisode de dépression. En s’adressant aux membres de l’Association, elle partage un message essentiel : la grande majorité des personnes qui ont une maladie mentale ont un potentiel de rétablissement et peuvent contribuer de manière significative à la société. Le vécu de Manon en témoigne. Il s’agit donc d’une responsabilité à la fois individuelle et collective de reconnaître ce potentiel et de s’assurer que les gens qui traversent une période difficile puissent se relever.

La déclaration de Manon déclenche un torrent d’initiatives. Le milieu semble prêt à changer et prend les mesures pour y parvenir. L’APC la mandate pour fonder le Groupe de travail pour combattre la stigmatisation et la discrimination en santé mentale, qu’elle présidera durant dix ans. Elle est aussi nommée membre de la Commission de la santé mentale du Canada et occupe la fonction d’instructeur en premiers soins en santé mentale. Grâce à cette formation de première ligne offerte partout au pays, plus de 300 000 Canadiens sont aujourd’hui outillés pour mieux gérer des problèmes associés à la santé mentale.

Alors que Manon œuvrait à changer le discours et les mentalités sur la santé mentale, les aléas de la vie l’ont malheureusement forcée à replonger dans un épisode de dépression. Ainsi, peu après s’être ouverte publiquement, on lui diagnostique un cancer du sein. Les traitements qu’elle entame sont efficaces contre la maladie physique, mais font défaillir sa santé mentale. Manon, qui faisait de cet enjeu son cheval de bataille, a dû prendre le temps nécessaire pour recouvrer son équilibre. Soutenue par sa famille, ses amis, ainsi que par ses confrères qui l’attendaient pour poursuivre le noble travail qu’elle avait entamé, elle est parvenue à se relever. Non pas sans souffrance. Les points lumineux à l’horizon – la main tendue de ses proches, ses projets personnels et ceux sur la santé mentale – lui ont permis de diriger son regard vers l’avant, lorsqu’elle était en mesure de le faire. En toute franchise, elle mentionne aussi que c’est grâce à la médication et aux soins qu’elle a reçus qu’elle est aujourd’hui rétablie. Avec grand bonheur, elle trouve son équilibre entre la cause qu’elle défend, son travail de psychiatre, la pêche à la mouche, l’horticulture, le temps passé en famille et les voyages. Manon avait le potentiel de recouvrer sa santé mentale et elle y est parvenue en ayant recours à de l’aide, empreinte d’amour et dépourvue de jugement. Voilà ce à quoi ont droit tous ceux et celles qui souffrent d’une maladie mentale.

La journée Bell Cause pour la cause

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Le Fonds communautaire Bell Cause pour la cause

Le Fonds communautaire Bell Cause pour la cause se consacre à améliorer l’accès au soutien et aux services pour les personnes vivant avec la maladie mentale à travers des initiatives locales et des organismes communautaires dans les collectivités de partout au pays.

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